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trois mois à bangalore |
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Samedi 16 Août: liberté!Publié à 02:32, le 18/08/2008,
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Nous nous sommes levés très tôt, réveillés par le bruit assourdissant des vagues se brisant sur la digue. Nous avons démarré la journée par une promenade matinale sur la jetée, en regardant les pêcheurs lancer leurs filets et leurs balances dans les flots grisâtres. Nous avons aussi pu admirer les embarcations très rudimentaires de pêcheurs locaux fabriquées avec quelques gros morceaux de bois liés entre eux par de vieilles cordes élimées.
Nous sommes ensuite partis à la recherche d'une boulangerie réputée pour ces croissants dans tout Pondichéry...comme elle était dans le quartier indien, nous avons du marcher quelques kilomètres avant de l'atteindre, et nous transpirions déjà à grosses gouttes malgré cet horaire matinal. Nous avons croisé sur le chemin les femmes dessinant à la craie et aux pigments les motifs géométriques colorés sur les seuils des maisons. Nous avons aussi vu une dormeuse des rues peu commune...elle dormait avec la tête posée sur un gobelet en étain retourné...je vous laisse imaginer le confort de ce coussin métallique !
Nous nous sommes rendus à l'adresse indiquée...le batîment était vraiment vétuste et peu engageant mais nous n'avons pas regretter d'être rentrer ici..La boulangerie servait aussi les petit-déjeuner donc nous nous sommes régalés à grandes bouchées de croissants, chocolatines, pains aux raisins et à la cannelle trempés dans un chocolat chaud fumant !J'en salive encore ! Nous avons acheté quelques croissants pour Capucine et Babu ainsi qu'une baguette. Sur le chemin du retour nous avons visité une église puis nous nous sommes rendus au lieu convenu avec Babu et Capucine. Après leur petit déjeuner, nous nous sommes scindés en deux groupes...les garçons sont partis louer des scooters...pendant que Capucine et moi partions au marché pour acheter de quoi pique niquer, et au passage regarder les magnifiques tissus en soie vendus sur le marché. Nous avons été négocié fruits et légumes...dans des tractations pas toujours évidentes dans la mesure où tout le monde se mêle de tout sur les marchés ! Nous sommes ensuite partis voir les étoffes et avons acheté quelques sachets en soie pour un prix dérisoire...Capucine s'est offert une robe qui était trop grande pour elle et que le marchand lui a raccourci en moins de cinq minutes sans même prendre les mesures !
Nous avons ensuite rejoints les garçons qui de leur côté avaient négocié pour avoir des véhicules à peu près corrects ! Nous sommes partis dans le trafic indien qui est bien moins terrible qu'ailleurs en Inde mais qui tout de même demeure assez fou...mais les garçons s'en sont très bien sortis, en grand renfort du klaxon ! Nous sommes partis en dehors de Pondichéry, pour manger au bord de l'eau sur une plage peu peuplée...où les femmes ramassaient les poissons séchés par le feu solaire sur le sable, pendant que les hommes réparaient leurs filets éffilochés.
Capucine et Babu nous ont raconté comme ils vivaient dans « le jardin », ce lieu perdu au milieu de nulle part dans la campagne des alentours de Chennai. Ils vivent dans une vielle batîsse au cœur des champs près d'un village. Il y a à peine l'eau potable et l'électricité. Babu dort à même le sol sur une natte comme les indiens et Capucine dans un lit en fer forgé couvert d'un fin matelas. La maison est infestée d'animaux et d'insectes, et chaque soir ils doivent regarder si il n'y a pas de serpents ou de scorpions dans leurs chambres (et ça leur est déjà arrivé). Ces deux étudiants en philo à Paris ont échoué ici par le biais d'une association humanitaire catholique. Le matin, ils s'adonnent à des travaux divers comme de la maçonnerie puis ils se reposent un peu avant de prendre un repas au riz qui les nourrit que très peu (Babu a perdu environ 7 kilos en deux semaines). L'après-midi, ils s'occupent des gens du « jardin », c'est-à-dire des orphelins, des femmes séropositives, un enfant handicapé suite à une morsure de rat qui lui a touché un nerf, un ado qui a été abusé sexuellement par le passé et qui est a des tendances pédophiles depuis...enfin une colonie pas très drôle tous les jours ! Dans l'après-midi, ils partent dans les villages environnants pour jouer avec les enfants et prier avec les familles qui ont des proches qui dépérissent dans le fin fond de vielles cases. Il y a quelques jours une fille d'origine Colombienne qui travaille au « jardin » depuis un an a été encorné à la cuisse par un taureau...elle a du partir à l'hôpital de campagne le plus proche...ironie du sort, cela faisait un an qu'elle s'occupait d'amener les gens du « jardin » à l'hôpital et à chaque fois elle ressortait traumatisée en disant que les patients étaient très mal traités...Elle est donc partie avec la cuisse perforée en pleurant toutes les larmes de son corps à l'Hospital...triste histoire qui nous interroge sans cesse sur pourquoi des gens viennent de pays très lointains de l'Inde pour prier et soigner des étrangers et voire même y laisser la peau...étrange et pourtant si présent dans ce pays ! Deux semaines complètes ont eu raison du moral de nos amis qui ont décidés de prendre quelques jours pour un bol d'air dans la civilisation et quelques bons repas pour reprendre du poil de la bête.
Après notre petit repas, nous avons piqué une tête dans l'océan indien entre filles...les garçons préférant rester à nous regarder nager dans des eaux qu'ils jugeaient trop sales ! Nous nous sommes baignées toutes habillées pour ne pas attirer le regard des pêcheurs aux alentours. Un pêcheur est venu nous voir pour mendier...et nous lui avons donné les restes de notre pique-nique.
Nous sommes ensuite repartis sur Pondichéry pour flâner encore un peu et s'arrêter dans un café charmant...très cosy...avec des murs peints dans des tons chauds et un mobilier en bois imprégné par l'odeur du café et de la cire. La patronne qui parlait français nous a régalé avec des sandwichs faits avec de la baguette et ses thés glacés au citron. Nous sommes ensuite partis rendre les scooters et avons cherché un endroit pour manger le soir. Le repas du soir n'a rien eu d'exceptionnel...après quoi, nous nous sommes entassés à quatre dans un rickshaw pour rejoindre l'ashram où nous avons quitté à regret Capucine et Babu en leur offrant les derniers paquets de biscuits au chocolat et quelques fruits que nous avions pour qu'ils aient autre chose que du riz à manger à leur retour le lendemain au « jardin ». Nous avons été à la gare pour attendre le bus en partance pour Bangalore...Nous nous sommes assis sur le quai, sales comme des ramoneurs, transpirants, plein de poussière et de sel et morts de fatigue. Le voyage en bus a été quelque peu éprouvant, et nous n'avons pas très bien dormi vu l'état délabré de la route. Nous avons atteints Bangalore vers 5h30 du matin et sommes partis nous couchés après une bonne douche avec un grand plaisir. "Le plus haut degré de la sagesse humaine est de savoir plier son caractère aux circonstances et se faire un intérieur calme en dépit des orages extérieurs" (D.Defoe)
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