trois mois à bangalore


Quotidien de deux stagiaires français dans la ville de Bangalore.

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vendredi 15 Août: Independance day !

Publié à 01:46, le 18/08/2008,
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Nous nous sommes levés tôt le matin pour faire nos sacs à dos...nous avons sautés dans un rickshaw qui nous a amenés en dehors du village sur la route de Pondichéry.

Nous avons attendu que le bus en provenance de Chennai passe par là...et nous avons grimpé dedans.

Etant donné que c'était le jour de l'indépendance, les gens en profitaient pour rendre visite à leur famille et bouger un peu...résultat les bus étaient littéralement bondés. Guillaume a passé les 2h30 de trajet debout dans l'encadrement ouvert de la porte avant, et pour ma part j'étais assise comme je pouvais sur la caisse contenant le moteur à côté du chauffeur...

Le trajet a été ponctué par des montées et descentes de voyageurs dans les petits villages côtiers. Nous avons atteints Pondichéry vers 10h du matin, nous avons pris un rickshaw pour nous mener jusqu'à notre auberge de jeunesse. Le chauffeur nous a immédiatement équipés de petits drapeaux indiens à épingler sur nos sacs à dos...

En guise d'auberge de jeunesse, nous sommes tombés sur un clinique dentaire...Le dentiste est sorti de son bloc opératoire (qui est aussi propre que l'Inde en général) et nous a annoncé la bouche en cœur que l'auberge se situait en fait à 12 km de Pondichéry !Et qu'il avait envoyé un mail pour nous prévenir !Comme nous lui avons expliqué que nous n'étions là pour une nuit, il a dit qu'effectivement douze kilomètres ce n'était vraiment pas l'idéal...Il nous a proposé des chambres dans un bâtiment complètement délabre...je crois bien que depuis notre arrivée c'est véritablement l'endroit le plus repoussant qu'on nous est proposé pour dormir !Des chambres dortoirs sans carreaux aux fenêtres avec des lits défoncés (mousse sortant des matelas, tâches...) de la poussière dans chaque coin de la pièce...une salle-de-bain paradis d'insectes divers et de mousse verdâtre, et plongée dans une crasse noire dans ses moindres replis...aucune porte ne fermait !Nous avons donc pris nos sacs et expliquaient gentiment à notre dentiste que c'était vraiment trop répugnant pour que nous passions la nuit ici...Nous sommes donc partis en quête d'un hôtel...et le jour de l'indépendance, je vous assure que c'est une vraie galère !

Nous avons fait environ dix hôtels sans succès...nous avons alors décidé de faire une pause petit-dej dans une rue du quartier français de Pondichéry...un endroit recommandé dans le guide et réputé pour son pain et sa confiture...une denrée rare chez les indiens !

Une surprise nous attendait là-bas...nous sommes tombés sur une fille de notre ancien lycée qui était une promo en dessous de la mienne. Nous avons donc brièvement discuté avec la dénommée Capucine et son acolyte Michel alias Babu ! Comme nous ils étaient à la recherche d'un hôtel, le leur étant vraiment très sale. Nous nous sommes donnés RDV pour le soir à une heure donnée devant un resto de la ville.

Après ce petit-dej bien apprécié nous avons continué à prospecter pour finalement trouver une chambre à l'Ashram de Pondichéry. Initialement, nous voulions aller à cet endroit mais lorsque j'avais appelé pour réserver la réponse avait été « complet ! ». Pour ceux qui s'interrogent sur ce qu'est un ashram...c'est une sorte d'ermitage dans lequel les gens se retirent pour méditer et se ressourcer...c'est une bonne alternative quand on voyage et qu'on est de passage. L'Ashram était face à la mer et  offrait des chambres très simples avec un confort rudimentaire mais suffisant pour une nuit...Il se trouve que Capucine et Babu ont aussi trouvé à se loger ici.

L'après-midi nous avons déambulé sur le bord de mer .A Pondichéry, il n'y a pas de plage, seulement une digue de rochers noirs et une jetée, mais c'est vraiment agréable de se promener au bord des flots du golf du Bengale. Nous avons ensuite largement apprécié les rues calmes et propres du quartier français...avec les grandes villas coloniales et les églises dans les tons safran et sable...dans l'air embaumé par d'immenses bougainvilliers fuchsia. La ville n'est revenue aux indiens qu'en 1956, et la présence française se fait encore fortement sentir...le nom des rues est en français et en tamil...les policiers portent des képis...quelques indiens parlent bien le français...la cuisine est un savant mélange des traditions culinaires indiennes et françaises et finalement l'Alliance Française est une institution quasi-inévitable à Pondichéry.

La ville est traversée par un petit canal qui marque la séparation entre quartier français en quartier indien.

En fin d'après-midi, quand la chaleur écrasante a commencée à se faire moins sentir, nous nous sommes enfoncés dans les rues bruyantes et sales du quartier indien, pour aller admirer le marché de la ville.

Comme les nombreux marchés indiens, les senteurs et les couleurs vous transportent...mais ici, une partie est dédié aux poissons...l'odeur est quasi-insoutenable !les crevettes, les requins, les thons, les rougets, les soles s'amoncellent la plupart du temps sans glace sur les dalles du marché...les femmes crient sans cesse pour vendre la pêche et les balances marchent bon train pour compter les kilos de poiscaille...les mouches volettent de tas en tas...au milieu des déchets des poissons vidés.

 

A la nuit tombée, nous sommes retournés vers l'ashram dans le quartier français...nous avons voulu allé à la librairie française pour faire le plein de livres mais elle était fermée.

Nous nous sommes arrêtés dans une petite boutique vendant divers habits en soie, et j'ai acheté une tunique en soir bleue pour être plus à l'aise sous la chaleur locale...

Après une douche froide à l'ashram nous avons retrouvé Capucine et Babu autour d'un bon repas français et quelques bières.

Nous avons beaucoup discuté...encore plus dans la mesure où c'étaient les premiers français avec qui nous pouvions vraiment partager ce que nous avions vécu ici.

Seule l'obligation de rentrer avant 22h30 à l'ashram(loi de la communauté) nous a obligé à stopper nos discussions et à remettre à demain le reste...

Nous nous sommes donc donné RDV pour le petit-dej le lendemain avec l'intention de passer la journée ensemble.

"Il y a des hasards, mais il y a incontestablement aussi des êtres qui savent exploiter le hasard" (E.Barclay) 

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