trois mois à bangalore


Quotidien de deux stagiaires français dans la ville de Bangalore.

Accueil | Qui suis-je ? | Mon itinéraire | Livre d'or | Album photos | Archives | Mes amis

Mercredi 30 Juillet

Publié à 01:58, le 31/07/2008,
Mots clefs :
 

Aujourd'hui, le réveil a été particulièrement dur...à 5h du matin, dans le temple situé dans les ruelles derrière la maison...des voies d'hommes se sont élevées dans un grondement allant crescendo...à mi-chemin entre le chant et la prière...dans une langue inconnue.

Impossible de dormir avec ce bruit...On est servi entre les jours où la mosquée décide de nous réveiller et les matins où les hindouistes prennent le relais !

Quand les voies graves se sont tues, c'est une cassette avec une voie de féminine suraiguë s'époumonant sur des chants sacrés qui a continué à nous tenir éveiller jusqu'au petit déjeuner...

Notre journée a démarré sur des considérations environnementales...Je ne pense pas que les indiens soient vraiment familier avec le respect de l'environnement...au vue du nombre de déchets, papiers, sacs plastiques qui jonchent les trottoirs, les parcs (rappelons-le Bangalore est la ville des jardins !)...Ne parlons pas de la pollution des cours d'eau qui rend l'eau impropre à la consommation.

Encore plus choquant le comportement des gens dans les bureaux...quand ils quittent une pièce ou même le soir en partant...personne n'éteint les lumières, ni la clim...Je me rappelle petite, la « guerre des boutons » que nos parents menaient pour nous faire comprendre que l'électricité n'était pas un fluide gratuit et qu'ils n'avaient pas des puits de pétrole ! Ici, la notion n'est pas vraiment acquise.

Dans les toilettes, les gens s'essuient les mains avec du papier, mais même si le papier tombe à côté de la poubelle personne ne se baisse pour le ramasser...Motif : c'est le travail de la femme de ménage ! Beaucoup de gens pensent de cette manière, chacun a une place, un job...pas besoin de voler le travail de quelqu'un d'autre et surtout pas besoin de dire merci quand quelqu'un fait son travail ! Les premières fois on a l'impression que ce sont des gens impolis...

La situation type : Un manager avec un téléphone greffé à l'oreille qui vous passe devant alors que vous êtes en train de sortir de la pièce sans même vous dire merci parce que vous vous effacez et lui ouvrez la porte...Vous l'aurez compris :Vous l'aurez compris :c'est pas son job !

Malgré tout, l'environnement arrive à survivre par une espèce de chaîne bizarroïde : les gens mangent dans des échoppes dans des feuilles de journaux ou des feuilles de bananiers...une fois le repas achevé, ces feuilles finissent sur les fossés, les bords de rues...et sont rapidement dévorées par les rats, les chiens et les vaches...Directement du producteur au consommateur !

Autant dire qu'ici, il ne vaut mieux pas se retrouver à un verre de trop dans le nez à dormir dans un fossé...le lendemain, on ne retrouverait que vos os entièrement blanchis !

 

De manière générale, les problèmes environnementaux sont des préoccupations de pays riches mais ce sont les pays pauvres qui souffrent de ces maux.

La journée s'est écoulée au rythme des pluies...

Le soir Guillaume est rentré plus tard que d'accoutumée...cette fois-ci, sur le chemin du retour, le chauffeur du van n'arrivait plus à passer les vitesses !

Après avoir garer le véhicule sur le bas-côté, le chauffeur et un autre type qui s'est improvisé mécano pour l'occasion ont réparé la boîte à vitesses avec une certaine brutalité ...qui s'est avérée payante...puisque la fine équipe est repartie dans le van toussant et crachotant des fumerolles noires.

En arrivant à Bangalore, Guillaume a demandé au rickshaw de s'arrêter près des marchandes ambulantes de fleurs pour en ramener à la maison.

Les étales sont féeriques...rien avoir avec l'ordre parfait des bouquets de nos fleuristes au pas un brin ne dépasse.

Sur les étales, les fleurs sont couchées pêle-mêle avec toutes leurs feuilles et leur épines...bref au naturel...avec les perles de pluie de la mousson.

Ailleurs dans des échoppes, les fleurs sont triées et exposées dans des paniers...

A longueur de journées, les marchands tressent des guirlandes de fleurs qui serviront à orner des autels, des portes de maisons et aussi les chevelures des indiennes.

 

Les couleurs de l'Inde sont dans ses fleurs, ses épices et ses habitants.

Le soir, les fidèles du temple voisin nous ont gratifié d'un concert de tambours dont l'apothéose a été un éclatant feu d'artifices...

Pour finir, j'aimerais vous parler d'un homme amoureux de l'Inde dénommé Simon qui a publié un carnet de voyage qui s'appelle le Corps de l'Inde...qui retranscrit au travers de centaines de dessins à l'encre les ambiances,les scènes de vie...de l'Inde.Un livre qui a mon avis vaut le détour.

"Comme tout ce qui compte dans la vie, un beau voyage est un oeuvre d'art" (A.Suarès)
"Voyager, c'est demander d'un coup à la distance ce que le temps ne pourrait nous donner peu à peu"(P.Morand)
Ajouter un commentaire



<- Page précédente | Page suivante ->