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Mardi 19 Août: Italien avec Aarti & RasnikPublié à 01:30, le 20/08/2008,
Mots clefs : La journée a démarrée pour Guillaume par un accident assez spectaculaire...un homme sortant d'un taxi à exploser un motard en ouvrant la portière ! Charmant de bon matin... Guillaume monte ensuite dans le van de l'entreprise...qui quelques kilomètres plus loin crève à cause d'un vieux clou rouillé qui a goûté au caoutchouc du pneu un peu trop goulûment...
L'entreprise de Guillaume lui a confirmé qu'il allait fermer les portes de la société le lendemain pour des raisons de sécurité pendant la grève nationale. De mon côté, personne n'était au courant qu'il y avait une grève...et ce n'est seulement qu'en soirée en demandant au conducteur de rickshaw que Rasnik et Aarti ont bien voulu croire la nouvelle !
Le soir, Aarti et Rasnik sont passées nous chercher après le bureau pour aller manger ensemble...Nous avons pris un rickshaw en s'entassant tout les quatre (comme les vrais indiens !)...heureusement nous n'allions pas bien loin ! Nous avons été manger dans un restaurant italien très sympa...quelques penne rigate avec un peu de viande et même des verres de punch ! Accompagnés par du pain à l'ail très appérciable...Par contre, la salade ne s'est pas avéré un choix très judicieux et nos estomacs n'ont toujours pas bien digérés cette verdure du fin fond de l'Inde ! On a beaucoup rigolé dans un mixe de français et d'anglais...On n'a pas la barrière de la langue et du coup une certaine complicité s'est installé entre nous...Rasnik nous a un peu raconté son voyage à Singapour, on a aussi discuté du WE où nous partons ensemble à la plage (sûrement dans quinze jours) et de ce WE où nous allons sortir à Bangalore vu que nous restons ici car Guillaume travaille samedi...de tout et de rien ! Ces filles sont réellement pétillantes et vont beaucoup nous manquer quand nous rentrerons en France...et regretter ces petites sorties avec elles. "Il n'y a pas d'ami, il n'y a que des moments d'amitié"(Jules Renard) Lundi 18 AoûtPublié à 01:21, le 19/08/2008,
Mots clefs : Le réveil a été particulièrement dur...Babu est même venu frappé à la porte de peur que nous ayons pas entendu le réveil sonner ! Nous nous réveillons habituellement avec le portable de Guillaume mais comme le portable a baigné dans les eaux du Golf du Bengale, il n'en est pas ressorti indemne...certaines touches ne fonctionnent plus et notamment celle pour désactiver la sonnerie du réveil...ce qui fait que le réveil est plus que brutal et que la sonnerie ne s'arrête que si on arrache la batterie !
Ce midi, j'ai mangé avec Aarti (Rasnik étant à Singapour partie voir son fiancé) et son acolyte de toujours le dénommé Amul. Nous sommes partis tout les trois dans une rue étroite et boueuse à côté du bureau, dans un restaurant qui ne m'inspirer pas confiance...à la façade complètement défoncée et écaillée...à l'intérieur, il n'y avait que des hommes attablés sur de vieilles tables jaunis en formica et assis sur des chaises de jardin rongés par le temps. Nous avons très bien mangé et pour une fois pas trop épicé. Nous avons commandé des Aloo Paratha, des methi et onion Paratha (sortes de crêpes aux pommes de terres, épinards, ognions) avec des lassi (boissons lactées que je ne bois toujours pas pour éviter d'être malade) accompagnés d'un riz au cumin succulent. Amul est un garçon de l'équipe de développement qui est un vrai geek (au sens positif du terme)...Il est petit et efflanqué avec un chaos dentaire assez impressionnant quand il sourit, il porte de petites lunettes...des boucles noires en désordre et une barbe de quelques jours donnent toujours l'impression qu'il sort du lit...C'est quelqu'un pourvu d'une curiosité naturelle qui le pousse à poser des questions particulièrement sensées et intéressantes à ses interlocuteurs, et je me régale à discuter avec lui.
A une trentaine de kilomètres de cette ripaille, Guillaume discutait avec son maître de stage de la grève nationale...Il paraîtrait que nous ayons une grève touchant tout le pays mercredi...Apparemment de grandes entreprises comme Toyota ou Tata ont déjà décidé de fermer leurs portes ce mercredi, notamment pour des raisons de sécurité. Motif de la grève : hausse des prix généralisée qui mécontente la population...Dans l'entreprise de Guillaume, les discussions sont en cours pour statuer sur la fermeture ou non de la société ce mercredi...Chez AXA, on ne nous a rien dit pour le moment...Let's see !
Ma journée de travail s'est achevée sur un événement assez comique. Quand je rentre à la maison chaque soir, le portail est fermé soit de l'intérieur soit de l'extérieur par un verrou qui coulisse. Par le passé, en me mettant sur la pointe des pieds sur le perron devant la maison j'arrivais à passer le bras par-dessus le portail pour atteindre le verrou lorsque le portail était fermé de l'intérieur. Cependant, lors des travaux entamés dans la rue, le perron a été totalement détruit laissant un marche du vingtaine de centimètres...qui ne me permet plus d'ouvrir le portail comme avant. Du coup, je suis obligée d'insérer mon poignet dans les arabesques en fer forgé du portail pour ouvrir le loquet...mais cette fois-ci, impossible de ressortir la main !J'ai galéré cinq minutes à me débattre avant que Babu passe la tête par la porte d'entrée avec un air hilare !Il a essayé de pousser mon poing depuis l'intérieur sans succès puis finalement a ouvert le portail pour venir de mon côté me tirer le bras !Nous avons enfin réussi à me sortir le poignet de là avec en prime un sacré bleu ! Le soir Babu s'est fait une joie de mimer la scène dans les barreaux des chaises de la table où nous mangeons sous les encouragements de Bala et Guillaume. "Rire souvent et beaucoup; gagner le respect des gens intelligents et l'affection des enfants; savoir qu'un être a respiré plus aisément parce que vous avez vécu. C'est cela réussir sa vie;" (Ralph Wado Emerson)
Dimanche 17 Août: Repos!Publié à 01:16, le 19/08/2008,
Mots clefs : Nous avons passés une journée très tranquille de manière à récupérer du long voyage de la veille. Nous sommes allés nous balader à pied dans les quartiers alentours sans but précis...et boire des jus de muzambi (sorte d'orange)à la boulangerie Priya en face d'AXA.Rien de bien sensationnel pendant cette fin de WE...Nous avons offert à Babu et Bala deux bracelets achetés à une femme de pêcheur à Mamalapuram avec des petits Ganesh dessus, ils étaient ravis qu'on ait pensé à eux... "J'ai horreur du dimanche : tous ces gens qui encombrent les rues, sous pretexte de se reposer" (Roger Martin du Gard) Samedi 16 Août: liberté!Publié à 02:32, le 18/08/2008,
Mots clefs :
Nous nous sommes levés très tôt, réveillés par le bruit assourdissant des vagues se brisant sur la digue. Nous avons démarré la journée par une promenade matinale sur la jetée, en regardant les pêcheurs lancer leurs filets et leurs balances dans les flots grisâtres. Nous avons aussi pu admirer les embarcations très rudimentaires de pêcheurs locaux fabriquées avec quelques gros morceaux de bois liés entre eux par de vieilles cordes élimées.
Nous sommes ensuite partis à la recherche d'une boulangerie réputée pour ces croissants dans tout Pondichéry...comme elle était dans le quartier indien, nous avons du marcher quelques kilomètres avant de l'atteindre, et nous transpirions déjà à grosses gouttes malgré cet horaire matinal. Nous avons croisé sur le chemin les femmes dessinant à la craie et aux pigments les motifs géométriques colorés sur les seuils des maisons. Nous avons aussi vu une dormeuse des rues peu commune...elle dormait avec la tête posée sur un gobelet en étain retourné...je vous laisse imaginer le confort de ce coussin métallique !
Nous nous sommes rendus à l'adresse indiquée...le batîment était vraiment vétuste et peu engageant mais nous n'avons pas regretter d'être rentrer ici..La boulangerie servait aussi les petit-déjeuner donc nous nous sommes régalés à grandes bouchées de croissants, chocolatines, pains aux raisins et à la cannelle trempés dans un chocolat chaud fumant !J'en salive encore ! Nous avons acheté quelques croissants pour Capucine et Babu ainsi qu'une baguette. Sur le chemin du retour nous avons visité une église puis nous nous sommes rendus au lieu convenu avec Babu et Capucine. Après leur petit déjeuner, nous nous sommes scindés en deux groupes...les garçons sont partis louer des scooters...pendant que Capucine et moi partions au marché pour acheter de quoi pique niquer, et au passage regarder les magnifiques tissus en soie vendus sur le marché. Nous avons été négocié fruits et légumes...dans des tractations pas toujours évidentes dans la mesure où tout le monde se mêle de tout sur les marchés ! Nous sommes ensuite partis voir les étoffes et avons acheté quelques sachets en soie pour un prix dérisoire...Capucine s'est offert une robe qui était trop grande pour elle et que le marchand lui a raccourci en moins de cinq minutes sans même prendre les mesures !
Nous avons ensuite rejoints les garçons qui de leur côté avaient négocié pour avoir des véhicules à peu près corrects ! Nous sommes partis dans le trafic indien qui est bien moins terrible qu'ailleurs en Inde mais qui tout de même demeure assez fou...mais les garçons s'en sont très bien sortis, en grand renfort du klaxon ! Nous sommes partis en dehors de Pondichéry, pour manger au bord de l'eau sur une plage peu peuplée...où les femmes ramassaient les poissons séchés par le feu solaire sur le sable, pendant que les hommes réparaient leurs filets éffilochés.
Capucine et Babu nous ont raconté comme ils vivaient dans « le jardin », ce lieu perdu au milieu de nulle part dans la campagne des alentours de Chennai. Ils vivent dans une vielle batîsse au cœur des champs près d'un village. Il y a à peine l'eau potable et l'électricité. Babu dort à même le sol sur une natte comme les indiens et Capucine dans un lit en fer forgé couvert d'un fin matelas. La maison est infestée d'animaux et d'insectes, et chaque soir ils doivent regarder si il n'y a pas de serpents ou de scorpions dans leurs chambres (et ça leur est déjà arrivé). Ces deux étudiants en philo à Paris ont échoué ici par le biais d'une association humanitaire catholique. Le matin, ils s'adonnent à des travaux divers comme de la maçonnerie puis ils se reposent un peu avant de prendre un repas au riz qui les nourrit que très peu (Babu a perdu environ 7 kilos en deux semaines). L'après-midi, ils s'occupent des gens du « jardin », c'est-à-dire des orphelins, des femmes séropositives, un enfant handicapé suite à une morsure de rat qui lui a touché un nerf, un ado qui a été abusé sexuellement par le passé et qui est a des tendances pédophiles depuis...enfin une colonie pas très drôle tous les jours ! Dans l'après-midi, ils partent dans les villages environnants pour jouer avec les enfants et prier avec les familles qui ont des proches qui dépérissent dans le fin fond de vielles cases. Il y a quelques jours une fille d'origine Colombienne qui travaille au « jardin » depuis un an a été encorné à la cuisse par un taureau...elle a du partir à l'hôpital de campagne le plus proche...ironie du sort, cela faisait un an qu'elle s'occupait d'amener les gens du « jardin » à l'hôpital et à chaque fois elle ressortait traumatisée en disant que les patients étaient très mal traités...Elle est donc partie avec la cuisse perforée en pleurant toutes les larmes de son corps à l'Hospital...triste histoire qui nous interroge sans cesse sur pourquoi des gens viennent de pays très lointains de l'Inde pour prier et soigner des étrangers et voire même y laisser la peau...étrange et pourtant si présent dans ce pays ! Deux semaines complètes ont eu raison du moral de nos amis qui ont décidés de prendre quelques jours pour un bol d'air dans la civilisation et quelques bons repas pour reprendre du poil de la bête.
Après notre petit repas, nous avons piqué une tête dans l'océan indien entre filles...les garçons préférant rester à nous regarder nager dans des eaux qu'ils jugeaient trop sales ! Nous nous sommes baignées toutes habillées pour ne pas attirer le regard des pêcheurs aux alentours. Un pêcheur est venu nous voir pour mendier...et nous lui avons donné les restes de notre pique-nique.
Nous sommes ensuite repartis sur Pondichéry pour flâner encore un peu et s'arrêter dans un café charmant...très cosy...avec des murs peints dans des tons chauds et un mobilier en bois imprégné par l'odeur du café et de la cire. La patronne qui parlait français nous a régalé avec des sandwichs faits avec de la baguette et ses thés glacés au citron. Nous sommes ensuite partis rendre les scooters et avons cherché un endroit pour manger le soir. Le repas du soir n'a rien eu d'exceptionnel...après quoi, nous nous sommes entassés à quatre dans un rickshaw pour rejoindre l'ashram où nous avons quitté à regret Capucine et Babu en leur offrant les derniers paquets de biscuits au chocolat et quelques fruits que nous avions pour qu'ils aient autre chose que du riz à manger à leur retour le lendemain au « jardin ». Nous avons été à la gare pour attendre le bus en partance pour Bangalore...Nous nous sommes assis sur le quai, sales comme des ramoneurs, transpirants, plein de poussière et de sel et morts de fatigue. Le voyage en bus a été quelque peu éprouvant, et nous n'avons pas très bien dormi vu l'état délabré de la route. Nous avons atteints Bangalore vers 5h30 du matin et sommes partis nous couchés après une bonne douche avec un grand plaisir. "Le plus haut degré de la sagesse humaine est de savoir plier son caractère aux circonstances et se faire un intérieur calme en dépit des orages extérieurs" (D.Defoe)
vendredi 15 Août: Independance day !Publié à 01:46, le 18/08/2008,
Mots clefs : Nous nous sommes levés tôt le matin pour faire nos sacs à dos...nous avons sautés dans un rickshaw qui nous a amenés en dehors du village sur la route de Pondichéry. Nous avons attendu que le bus en provenance de Chennai passe par là...et nous avons grimpé dedans. Etant donné que c'était le jour de l'indépendance, les gens en profitaient pour rendre visite à leur famille et bouger un peu...résultat les bus étaient littéralement bondés. Guillaume a passé les 2h30 de trajet debout dans l'encadrement ouvert de la porte avant, et pour ma part j'étais assise comme je pouvais sur la caisse contenant le moteur à côté du chauffeur... Le trajet a été ponctué par des montées et descentes de voyageurs dans les petits villages côtiers. Nous avons atteints Pondichéry vers 10h du matin, nous avons pris un rickshaw pour nous mener jusqu'à notre auberge de jeunesse. Le chauffeur nous a immédiatement équipés de petits drapeaux indiens à épingler sur nos sacs à dos... En guise d'auberge de jeunesse, nous sommes tombés sur un clinique dentaire...Le dentiste est sorti de son bloc opératoire (qui est aussi propre que l'Inde en général) et nous a annoncé la bouche en cœur que l'auberge se situait en fait à 12 km de Pondichéry !Et qu'il avait envoyé un mail pour nous prévenir !Comme nous lui avons expliqué que nous n'étions là pour une nuit, il a dit qu'effectivement douze kilomètres ce n'était vraiment pas l'idéal...Il nous a proposé des chambres dans un bâtiment complètement délabre...je crois bien que depuis notre arrivée c'est véritablement l'endroit le plus repoussant qu'on nous est proposé pour dormir !Des chambres dortoirs sans carreaux aux fenêtres avec des lits défoncés (mousse sortant des matelas, tâches...) de la poussière dans chaque coin de la pièce...une salle-de-bain paradis d'insectes divers et de mousse verdâtre, et plongée dans une crasse noire dans ses moindres replis...aucune porte ne fermait !Nous avons donc pris nos sacs et expliquaient gentiment à notre dentiste que c'était vraiment trop répugnant pour que nous passions la nuit ici...Nous sommes donc partis en quête d'un hôtel...et le jour de l'indépendance, je vous assure que c'est une vraie galère ! Nous avons fait environ dix hôtels sans succès...nous avons alors décidé de faire une pause petit-dej dans une rue du quartier français de Pondichéry...un endroit recommandé dans le guide et réputé pour son pain et sa confiture...une denrée rare chez les indiens ! Une surprise nous attendait là-bas...nous sommes tombés sur une fille de notre ancien lycée qui était une promo en dessous de la mienne. Nous avons donc brièvement discuté avec la dénommée Capucine et son acolyte Michel alias Babu ! Comme nous ils étaient à la recherche d'un hôtel, le leur étant vraiment très sale. Nous nous sommes donnés RDV pour le soir à une heure donnée devant un resto de la ville. Après ce petit-dej bien apprécié nous avons continué à prospecter pour finalement trouver une chambre à l'Ashram de Pondichéry. Initialement, nous voulions aller à cet endroit mais lorsque j'avais appelé pour réserver la réponse avait été « complet ! ». Pour ceux qui s'interrogent sur ce qu'est un ashram...c'est une sorte d'ermitage dans lequel les gens se retirent pour méditer et se ressourcer...c'est une bonne alternative quand on voyage et qu'on est de passage. L'Ashram était face à la mer et offrait des chambres très simples avec un confort rudimentaire mais suffisant pour une nuit...Il se trouve que Capucine et Babu ont aussi trouvé à se loger ici. L'après-midi nous avons déambulé sur le bord de mer .A Pondichéry, il n'y a pas de plage, seulement une digue de rochers noirs et une jetée, mais c'est vraiment agréable de se promener au bord des flots du golf du Bengale. Nous avons ensuite largement apprécié les rues calmes et propres du quartier français...avec les grandes villas coloniales et les églises dans les tons safran et sable...dans l'air embaumé par d'immenses bougainvilliers fuchsia. La ville n'est revenue aux indiens qu'en 1956, et la présence française se fait encore fortement sentir...le nom des rues est en français et en tamil...les policiers portent des képis...quelques indiens parlent bien le français...la cuisine est un savant mélange des traditions culinaires indiennes et françaises et finalement l'Alliance Française est une institution quasi-inévitable à Pondichéry.
La ville est traversée par un petit canal qui marque la séparation entre quartier français en quartier indien. En fin d'après-midi, quand la chaleur écrasante a commencée à se faire moins sentir, nous nous sommes enfoncés dans les rues bruyantes et sales du quartier indien, pour aller admirer le marché de la ville. Comme les nombreux marchés indiens, les senteurs et les couleurs vous transportent...mais ici, une partie est dédié aux poissons...l'odeur est quasi-insoutenable !les crevettes, les requins, les thons, les rougets, les soles s'amoncellent la plupart du temps sans glace sur les dalles du marché...les femmes crient sans cesse pour vendre la pêche et les balances marchent bon train pour compter les kilos de poiscaille...les mouches volettent de tas en tas...au milieu des déchets des poissons vidés.
A la nuit tombée, nous sommes retournés vers l'ashram dans le quartier français...nous avons voulu allé à la librairie française pour faire le plein de livres mais elle était fermée. Nous nous sommes arrêtés dans une petite boutique vendant divers habits en soie, et j'ai acheté une tunique en soir bleue pour être plus à l'aise sous la chaleur locale... Après une douche froide à l'ashram nous avons retrouvé Capucine et Babu autour d'un bon repas français et quelques bières. Nous avons beaucoup discuté...encore plus dans la mesure où c'étaient les premiers français avec qui nous pouvions vraiment partager ce que nous avions vécu ici. Seule l'obligation de rentrer avant 22h30 à l'ashram(loi de la communauté) nous a obligé à stopper nos discussions et à remettre à demain le reste... Nous nous sommes donc donné RDV pour le petit-dej le lendemain avec l'intention de passer la journée ensemble. "Il y a des hasards, mais il y a incontestablement aussi des êtres qui savent exploiter le hasard" (E.Barclay)
Jeudi 14 Août: Mamalapuram...Publié à 01:57, le 17/08/2008,
Mots clefs : Nous sommes partis la veille au soir...Babu nous a accompagné jusqu'au bout de la rue pour prendre un rickshaw qui devait nous amener à la gare routière. L'avantage quand Babu vient avec nous, les conducteurs de rickshaw pratiquent des prix moins abusifs...Cependant, il a fallu laisser passer quelques rickshaws avant de monter dans un qui nous a proposé un prix correct...sous les yeux attentifs de Babu qui relevait le numéro d'immatriculation du chauffeur au cas où celui-ci aurait des velléités à changer le prix une fois à la gare ! Sacré Babu, heureusement qu'on t'a !
Après une bonne heure de trajet sous la pluie, nous sommes arrivés dans l'immense gare routière de Bangalore...Il a fallu trouver notre bus...un vrai défi dans un gare qui compte 24 quais et environ quatre bus par quai ! La gare est un lieu quelque peu inquiétant les premières fois...une foule sans cesse en mouvement se presse au milieu des bus et des échoppes qui jalonnent les quais...des mendiants dorment ou font la manche à chaque pas...les chauffeurs de bus crient le nom des destinations à la volée...les hommes charrient des sacs en toile de jute qui font deux fois leur taille...certains défèquent entre deux bus...d'autres lapident des chiens qui cherchent à grappiller quelques miettes de nourriture...un désordre indescriptible ! Nous nous sommes faits aider pour trouver notre chemin...nous sommes restés un moment assis sur le quai à regarder tous les bus qui partaient pour Chennai (alias Madras). Aucun bus ne partait à l'heure et quand bien même ils partaient, c'était dans un ordre défiant toute logique...le bus prévu à 10h20 partait 10H45 avant celui prévu à 10h...dur dur ! Nous avons tout de même fini par monter dans le bon bus, qui était très confortable, dans lequel nous avions la clim et même une petite bouteille d'eau... Le trajet s'est fait sans encombres avec un arrêt au bout de 3h30 de route...un vrai bonheur pour les vessies ! Nous avons atteints Chennai à 5h15 du matin Jeudi. A peine arrivés, il nous a fallu trouvé un bus partant pour Mamalapurram. La gare de Chennai est de la même taille que celle de Bangalore ! Nous avons dégoté un bus express qui partait en direction de Pondichéry et s'arrêtait à Mamalapuram...un bus très rustique sans fenêtres (comprendre ouvert aux quatre vents !) et avec les portes ouvertes...comme il pleuvait, je vous laisse imaginer comment le voyage de deux heures environ est agréable ! Nous avons atteint le village de Mamalapuram et nous sommes descendus dans un lieu dans le centre du village où personne d'autre que nous n'est descendu. Nous avons essayé de demander notre chemin pour partir à pied à l'hôtel en vain...Nous avons donc dû prendre un rickshaw qui nous a amené jusqu'à l'hôtel qui était vraiment très proche ! Nous avons alors pénétré dans une cour à la végétation luxuriante avec des hamacs suspendus et un petit hôtel où trônait un Ganesh bedonnant. Nous avons eu droit à une petite chambre très rustique sur les toits avec une terrasse très agréable. Nous avons trouvé un charmant petit café dans la même rue où nous avons pris le petit déjeuner avec enfin un chocolat chaud ! Quel bonheur ! Nous avons ensuite préparé nos sacs à dos pour la journée et fait la connaissance de nos voisins français à l'hôtel...deux types très sympas qui venaient de Lyon, un serrurier et un ouvrier cintreur, qui étaient là pour des vacances de quinze jours en Inde et voyageaient de ville en ville. Nous avons ensuite trouvé de vieux vélos à louer...une bonne alternative pour se rendre où différents temples du village et de ses abords. Nous avons été nous promener en premier lieu sur la plage...notre premier contact avec l'océan indien ! Un festival de couleurs avec les barges des pêcheurs et leurs filets...nous nous sommes baladés sur les rochers et avons pu admirer les rochers sculptés sur la plage.
Nous avons ensuite mis le cap sur le temple du rivage, un petit temple en première ligne...qui a pratiquement les pieds dans l'eau et qui est sculpté par l'érosion...les écureuils et quelques lézards jouent au milieu des sculptures des cinquante quatre taureaux de Shiva (Nandi)...
Nous avons ensuite pédalé dans le dédale de rues du village pour aller admirer l'Ascése d'Arjuna...un bas -relief sculpté sur les parois d'un immense rocher et qui met en scéne des animaux, des dieux, des semi-dieux ainsi que des légendes issues d'un recueil de fables en Sanskrit. Au milieu du bas-relief, une grande fissure s'intégré à la sculpture ... il paraît que par le passé, de l'eau s'écoulait de cette fissure qui symbolisait le Gange.
Nous avons ensuite été dans les collines environnantes voir le trône de Krishna...un drôle de rocher aux dimensions impressionnantes qui semble en équilibre précaire mais qui est inébranlable.
Nous avons vu une multitude de petits temples sculptés dans des grottes...et de nombreux mandapam (pavillons à piliers installés devant les temples) ornés de sculptures. Il faisait une chaleur écrasante...mais nous marchions encore et encore pour voir toutes ces petites merveilles planquées dans les collines de ce village au bord de l'océan indien. Les marchandes de fruits jalonnaient les chemins pour désaltérer les marcheurs...les biquettes cherchaient de l'ombre dans les recoins verdoyants...Les singes encore dans leurs vertes années se chamaillaient comme de vrais chiffonniers...Une certaine allégresse nous prenait en voyant enfin le soleil que nous n'apercevons pas souvent dans la pollution quotidienne de Bangalore. Nous avons pris un bon repas de poisson au Nautilus...un petit resto tenu par un français marié à une indienne. Après manger, toujours chevauchant nos fidéles destriers rouillés nous avons été jusqu'aux cinq temples en forme de chars sculptés dans le roc, baptisés les cinq Ratha. Ces temples sont le fruit de l'architecture Pallava, et ont été dégagés du sable par les britanniques il y deux siècles.
Ils sont intéressants et possèdent deux sculptures particulièrement remarquables celle d'un Nandi et celle d'un éléphant grandeur nature vraiment splendide. Après quoi, nous nous sommes offerts une belle balade avec les chaussures à la main et les pieds dans le sable humide de l'océan indien...Nous nous sommes assis à) contempler la mer et dans un moment d'inattention alors que nous prenions une photo, la marée montante à happer notre sac à dos ! Nous nous sommes trempés comme des soupes ! Les lueurs de soleil commençant à décliner, nous avons ramenés les vélos dans la petite boutique de notre loueur...lui avons acheté quelques gâteaux et une dose de lessive pour laver nos habits gorgés d'eau de mer et de sueur. Le soir, nous avons mangé dans un restaurant vraiment super...sur une terrasse couverte par un toit en feuilles de palmier tressées, ornée de lampions et de tissus aux couleurs vives. Les tables basses et les cousins venaient accueillir le voyageur affamé...qui pouvait aussi jouer à des jeux en bois traditionnels en attendant sa pitance. Le patron est marié avec une cannoise, et a appris la cuisine française plutôt bien. Nous avons eu une énorme surprise à la fin du repas quand nous avons commandé une assiette de fromage...un festival de bleus, de comté et de chèvre...inimaginable ! Succulent !
Nous nous sommes couchés avec le sourire...avec le ventilo à fond pour essayer de faire sécher nos habits et tout habillés faute de draps corrects... "La mer touche au plus profond de l'homme.Dans la lumière du soleil, n'est-elle pas le miroir de l'âme humaine?"(P.Plisson)
Mardi 12 et mercredi 13 AoûtPublié à 03:43, le 13/08/2008,
Mots clefs : Rien de bien exceptionnel pendant ces deux derniers jours...le temps passe bien trop vite à notre goût et c'est impossible de pouvoir faire tout ce que l'on voudrait faire ! J'ai achevé de préparer à grand peine notre WE prolongé à Pondichéry...Hier, Aarti est venu avec moi à la sortie du bureau pour m'aider à réserver quelque chose sur Pondichéry...Nous avons passé plus d'une heure à dénicher quelque chose...Tout Pondichéry était complet !J'ai enfin réussi à réserver la dernière chambre double disponible dans une auberge de jeunesse indiquée sur le site du guide du routard...Chose un peu bizarre, c'est qu'elle est située dans un institut Ayurvédique...Petit rappel pour ceux qui ne savent pas ce que c'est : La médecine ayurvédique est à la fois une science, une sagesse, une médecine qui dit on est la plus ancienne et la plus complète tradition de connaissance qui soit au monde. Ayurvéda se définie comme « éternel et non-crée par l'humain ».Ce style de médecine s'appuie sur de vieux textes sacrés de l'Inde et ce fonde sur le respect des lois de la nature. L'Ayurvéda a été utilisée et modelée par différents peuples comme les perses, les chinois, les tibétains...Elle est avant tout originaire d'Inde...Elle a même été interdit pendant la colonisation britannique avant de retrouver sa place en Inde après l'indépendance. Cependant, il m'a été impossible de trouver une chambre pour la nuit du 14 au 15...du coup nous dormirons dans un village de pêcheurs(Mamallapuram) assez connu à deux heures de bus de Pondichéry. Comme vous l'aurez compris, dés ce soir il y aura un long silence radio jusqu'à dimanche sur le blog...et pendant ce temps-là, voici le programme pour nous : Mercredi 13 au soir : départ de Bangalore en bus de nuit direction Chennai (Madras) Jeudi 14 au matin : arrivée Chennai départ en bus pour Mamallapuram Vendredi 15 au matin : départ sur Pondichéry en bus Samedi 16 au soir : départ de Pondichéry en bus de nuit en direction de Bangalore.
Cela promet d'être sportif ! Mais sûrement très sympa ! "Certains pensent qu'ils font un voyage, en fait, c'est le voyage qui vous fait et vous défait"(N.Bouvier) Lundi 11 Août: que de rencontres...Publié à 03:57, le 12/08/2008,
Mots clefs : Cette journée a été particulièrement riche en rencontres...la journée a débuté normalement avec une minute de silence pour notre collègue disparu qui a figé l'effervescence du bureau...
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A midi, Aarti m'a commandé un plat de nouilles végétariennes non épicées et pour elle la même chose avec épices...résultat j'ai eu des pâtes vierges presque fades !Mais elle a eu des pâtes plus épicées que de coutume...Impossible de les manger !
L'après-midi, les filles m'ont présenté des français qui ont été embauché dans leur équipe...Il y a Marie, une fille très sympa qui est fiancé à un indien qui a un restaurant à Bangalore. Son fiancé a monté son resto avec un copain, il y a huit ans...puis il s'est engagé comme cuisinier sur les gros bateaux de croisière où il a rencontré Marie qui était alors réceptionniste...Finalement, elle ne l'a pas quitté, et est venu avec lui à Bangalore...et s'est retrouvé chez AXA dans l'équipe de test qui demande des gens parlant français mais qui n'ont pas forcément de compétences en informatique. Il y a deux autres gars qui sont arrivés...originaires de Côte d'ivoire donc parlant parfaitement le français...Ils ont immigré, il y a six ans en Inde pour finir leurs études en informatique...ils étaient alors en collocation...et l'Inde a exercé son charme sur nos amis africains qui ont décidaient de rester sur le sol indien ! Ils ont postulé à AXA, et se sont retrouvés dans l'équipe de test...Une équipe agrandie qui est un mélange exotique de nationalités !
Hormis ces arrivées, je me suis battue pour organiser notre futur voyage à Pondichéry...c'était très mal parti...La personne qui habituellement réserve nos billets de bus a complètement était perturbée par la mort de son collègue (qui était aussi son binôme de travail)...Je me suis rendue compte de cette petite anomalie seulement ce lundi matin ! Je suis partie au petit bureau des bus du gouvernement, situé dans une cave sur la rue où je travaille accompagnée par Rasnik...nous avons essayé toutes les combinaisons de villes et horaires pour se rendre à Pondichéry dans la nuit du 14 au 15 et retour dans la nuit du dimanche au lundi...impossible de trouver un bus, tout le monde part ! Nous avons été ensuite voir les compagnies de bus privées...même histoire, tout était complet...j'ai essayé le train...pareil, même problème...en dernier recours, nous nous sommes renseignées sur le prix en taxi...mais la chose n'était pas possible. Finalement, je me suis décidée à décaler le voyage d'un jour...en partant un jour plus tôt et en rentrant le samedi et non le dimanche, en espérant que nos maîtres de stage acceptent la chose...j'ai réussi à trouver des billets de cette manière. Je suis ensuite allée voir mon chef pour lui expliquer que la compagnie des bus d'états s'était trompée sur la date de mes billets, que je les avait reçu le jour même (soit on vous envoie les billets, soit on vous les imprime directement) et que c'était impossible de les changer pour le lendemain vu que les bus étaient totalement complets...réponse : « Pas de problème ! ».On attend maintenant la réponse du côté de l'entreprise de Guillaume, qui doit demander demain.
Le soir, Guillaume est rentré à la maison avec une énorme poche de cacahuétes fraîches que son chauffeur de rickshaw lui a offert...ayant repéré que Guillaume raffolait de ces petites choses ! Guillaume en a offert à Babu et Bala qui étaient ravis...et nous avons entamé le reste en attendant le hurlement de Babu pour nous inviter à descendre manger...Nous sommes descendus aider Bala à preparer les chapatis dans la cuisine...on les passe d'abord à la poële puis on les met directement sur la flamme du gaz...aïe les doigts !
Pendant que nous mangions...le vieux téléphone à côté de la table s'est mis à sonner...Bala a surgi de la cuisine pour répondre mais il a fait une fausse manipulation et a raccroché alors qu'un homme et une femme étaient sortis d'une des chambres dans l'attente de l'appel. A la seconde tentative, la femme a court-circuité Bala, et a pu répondre...pendant ce temps-là, nous avons discuté avec l'homme, un indien de Delhi. Ils sont arrivés pour travailler chez AXA apparemment dans la section assurances pour faire des traductions allemand anglais.
Finalement, nous avons vécu la joie des indiens à l'obtention de leur première médaille d'or aux JO...avant de partir au pays des rêves. "Une vraie rencontre, une rencontre decisive, c'est quelque chose qui ressemble au destin"(Tahar Ben Jelloun) Dimanche 10 Août: A BangalorePublié à 03:51, le 11/08/2008,
Mots clefs :
La journée a commencé par une épreuve d'haltérophilie...En effet, notre télé a rendu l'âme...chose qui en temps normal serait un non-événement s'il n'y avait pas les jeux Olympiques en ce moment! Nous avons expliqué à Babu, que comme il n'y avait personne dans les autres chambres de la maison...On pourrait déplacer la télé en panne dans une chambre inoccupée et en subtiliser une qui marche... Babu n'a pas totalement compris et du coup a été démonter sa télé de son socle pour l'échanger contre la notre...Un vrai déchirement pour notre duo infernal qui regarde énormément la télé...Nous sommes sûrs que Lundi matin à la première heure, la télé en panne sera chez le réparateur ! Babu a eu beaucoup de mal à attacher la télé en hauteur n'(étant pas très grand), ne pouvant pas compter sur Bala qui est plus petit que moi...Heureusement Guillaume lui a prêté main forte !
Nous nous sommes ensuite absorbés dans les petites taches de WE comme la lessive à la main à l'ancienne dans la baignoire...l'occasion de grands fous rires...et avec un résultat pas toujours probant ! La salle de bains est complètement inondée et la chambre se transforme en buanderie !On met le ventilateur à fond pour faire sécher le linge plus vite...
Après quoi, nous passons à l'atelier coiffeur...Je taille les cheveux à Guillaume qui est d'ailleurs peu serein en me voyant opérer avec mes ciseaux de maternelle sur ses mèches de cheveux...Mais contre toute attente, le résultat était au RDV...j'avoue que j'ai moi-même était étonnée !
Nous sommes ensuite partis chercher un rickshaw au bout de la rue pour descendre en ville..Pour une fois la tâche n'a pas été aisée, nous avons demandé à environ sept rickshaws avant qu'un accepte de bien vouloir nous véhiculer...mais nous avons partagé la petite banquette arrière avec la fille du chauffeur... Nous avons ensuite déambulé dans les rues aux mille échoppes (qui contrairement à chez nous sont ouvertes le dimanche !)...entre les marchands de saris, ceux des antiquités...et les bijoutiers... De manière générale, les habitants se préparent pour le jour de l'indépendance (le 15 Août)...les stades se couvrent de tentes blanches et de gradins provisoires pour accueillir les parades...les jardins botaniques voient des multitudes de mains en train de s'affairer à la construction des chars floraux...
Nous avons mangé sur une petite terrasse avec des palmiers dans la rue...et ensuite nous nous sommes arrêtés boire un verre dans un bar appelé la NASA. ..Un bar un peu délavé mais avec un charme particulier, avec des tabourets et des tables avec des embases de fusées, et une déco comme à l'intérieur d'un vaisseau spatial...Plutôt marrant ! Après quelques courses alimentaires en vue d'un prochain voyage, nous sommes rentrés tranquillement à la maison. "Le plus important n'est pas ce que nous faisons, mais l'esprit qui nous meut.Faire la lessive ou écrire un roman, bien souvent le romancier sera moins grand et méritant que la femme qui bat son linge"(René Bazin) Samedi 9 Août: Belur & HallebidPublié à 02:22, le 10/08/2008,
Mots clefs : Il est cinq heures du matin quand nous partons ce samedi matin...Un sac à dos léger avec les kaways, un parapluie, une gourde d'eau et le guide des parfaits touristes... Nous descendons les escaliers de la maison et tombons nez à nez avec un paire de claquettes...Je regarde par réflexe sous l'escalier et j'aperçois...Bala qui dort sous l'escalier sur un vieux matelas de jardin enroulé dans une vieille couverture toute miteuse ! Plusieurs fois nous l'avions vu nettoyé ce coin avec une minutie sans savoir qu'il s'agissait en quelque sorte de sa chambre ! Nous avons veillé à ne pas le réveiller...et sommes partis en taxi dans la fraîcheur matinale et les premières averses. Nous nous sommes arrêtés en cours de route pour acheter dix bananes pour 15 roupies, qui nous ont servies de petit déjeuner... Aux alentours de huit heures, nous nous avons atteints la ville de Sravanabelagola qui signifie « le moine du bassin blanc »...la ville n'a rien d'exceptionnel en soi...mais est un lieu de pèlerinage pour les Jaïnes.
Nous nous déchaussons et entamons sous la pluie une ascension des 614 marches taillées dans le bloc granitique de la montagne...Nos mollets s'en souviennent !Vu l'heure assez matinale, les pélerins n'étaient pas très nombreux et les rabatteurs moins vifs que de coutume !Les quelques marchands présents au bas des marches vendaient des chaussettes et des chapeaux en plastique pour se prémunir contre la pluie...
En haut des marches taillées dans la roche, des petits temples Jaïnes avec les premiers pèlerins apportant leurs offrandes...du riz, des fruits, quelques fleurs...Seules quelques bougies faiblardes éclairent l'intérieur, dans une ambiance qui vous glace les os.
Au sommet, un temple un peu plus vaste avec en son centre le plus haut monolithe taillé au monde...c'est une statue de Gomateshvara nu, qui mesure 17,5 m. Ce géant Jaïne est très impressionnant, mais étant situé au cœur d'un temple, on manque de recul pour l'admirer...
Nous sommes redescendus avec les pieds complètement crasseux et trempés jusqu'aux os !
Nous avons ensuite repris notre route pour atteindre la ville de Belur vers 10h30.Nous avons vu un immense temple Hoysala...beaucoup moins travaillé que le temple de Somnathpur mais donc les dimensions étaient bien supérieures...et qui était en activité. Le temple abrité un bassin avec des eaux émeraudes et quelques petits poissons...
Nous avons ensuite été à une quinzaine de kilomètres de Belur dans un village du nom d'Hallebid...Nous avons pu y admirer des temples et des bâtiments de style Hoysala, finement taillés qui ne nous ont pas déçus...de successions de frises sculptées depuis le sol jusqu'au sommet ...des éléphants, des chevaux, des lions, des taureaux, des canards...Un vrai bestiaire.
Puis au-dessus, des scènes de batailles, certaines de la ville quotidienne...des danseuses richement parées dans des positions de contorsionnistes... A la différence des autres temples, des sculptures du Kama-sutra ornent aussi les édifices, et sont de purs bijoux d'érotisme.
Les frises supérieures sont réservées aux divinités et à des balconnets miniatures. On a l'impression d'admirer de la dentelle rocheuse fourmillant de détails. A l'intérieur du temple, des colonnes de pierres tellement polies par le temps que l'on peut s'admirer dans la pierre comme dans un miroir ! Autre curiosité, en faisant quelques pichnettes du bout des doigts dans les différents anneaux des piliers un bruit métallique s'échappe dans l'air.
Notre chauffeur nous a ensuite amené sur les routes de campagne, pour aller manger...ici, les paysans cultivent des champs de fleurs qui serviront ensuite aux Pujas (cérémonies religieuse), ou qui seront vendus pour différents usages sur des marchés de province...un véritable plaisir pour les yeux (pas forcément pour les narines vu qu'elles sont inodores).
Après un repas végétarien, nous avons entamés le retour...qui a été particulièrement éprouvant...ponctués par des accidents divers...des embouteillages et toujours un concert de klaxons...et à l'approche de Bangalore, une pollution dense et de la pluie.
Nous sommes arrivés exténués à la maison, où Babu et Bala nous ont accueilli avec un grand sourire...Comme nous leur avions dit que nous ne mangions pas là, nous avons testé le Domino pizzas à côté de chez nous...qui s'est avéré succulent ! "Le langage de la sculpture est un néant prétentieux s'il n'est pas composé de mots d'amour et de poésie"(Ossip Zadkine) Vendredi 8 AoûtPublié à 01:16, le 10/08/2008,
Mots clefs : Cette journée a commencée avec une triste nouvelle pour AXA...Un des employés est mort tué sur la route...c'était un gars qui bossé dans le box à côté du mien... Il a percuté un camion et est mort sur le coup, ainsi que sa mère et sa tante...sa femme est en soins intensifs. Il avait deux petites filles de 3 et 4 ans. Une triste histoire qui nous rappelle une fois de plus qu'ici la principale cause de mortalité est la route...et que le jour où l'anarchie routière s'atténuera, les piétons commenceront à respirer un peu... La route est un véritable enfer ici ! Je vous laisse imaginer ce matin quand je suis partie au bureau et qu'un pauvre aveugle voulait traverser la rue ! Heureusement, il a trouvé l'agent de police qui l'a aidé à se faufiler dans le trafic d'aliénés. En raison de cet accident qui a coûté la vie à un de leur employé, AXA a décidé d'annuler pour la seconde fois son Family Day (la première fois à cause des attentats).L'événement n'aura finalement pas lieu cette année et sera rebaptisé l'année suivante par superstition.
Le midi, j'ai été mangé avec Anjali sur la terrasse d'AXA (sur le toit de l'entreprise), charmant petit coin avec un peu de verdure...Un grand coup de vent a eu raison de ma salade de fruit mais une dame à la peau blanche et aux cheveux paille a eu le réflexe de l'attraper. Je l'ai remercié et ai deviné une pointe d'accent français sous le verni anglophone. Nous avons échangeons quelques mots...et cette femme a la physionomie très étrange s'est avéré être la DRH de l'autre grande entité d'AXA qui cohabite avec les équipes techniques dans le bâtiment.
La journée s'est écoulée dans une ambiance maussade...en fin de journée, je suis partie avec Aarti acheter une carte d'appel international chez le papetier du coin...qui vend aussi des gilette Mach 3...
"Les hommes n'ont plus le temps de rien connaître.Ils achétent des choses toutes faites chez les marchands.Mais comme il n'existe point de marchands d'amis, les hommes n'ont plus d'amis."(A. de St-Exupéry) Jeudi 7 Août: Cricket!!Publié à 02:23, le 7/08/2008,
Mots clefs : Ami lecteur, cela fait un bon bout de temps que j'ai envie de te parler du cricket...C'est sans aucun doute un des piliers qui structure la société indienne au même titre que l'économie, la politique, la gastronomie (trop épicée...) et Bollywood. Le nombre de chaînes de télévision qui passe des matchs de cricket est effrayant...les indiens s'enflamment pour le championnat inter-régional anglais !
Si par hasard l'Inde vient à gagner contre l'Angleterre lors d'un des nombreux duels crickestistes...On fête l'événement comme dans le pays gagnant de la coupe du monde de football ! Les rosbifs sont calmés pour un moment ! Ici à Bangalore, à la sortie des cours voire même des bureaux avant que la nuit ne tombe, le moindre terrain vague ou la moindre rue peu fréquentée sert de terrain pour jouer au cricket. Dans notre rue, chaque soir quand je rentre du boulot vers 18h, les jours où la mousson n'a pas transformer la zone en marécage...Un dizaine de garçons jouent au cricket...je n'ai qu'une peur, c'est de me prendre la balle dans la figure en rentrant !! Comme je suis comme vous vous en doutez quelqu'un de très renseignée sur le sujet...Je me suis penchée par curiosité sur les principales régles du jeu (Merci la ligue française d'Aquitaine !)
« Le cricket se joue sur un terrain ovale en gazon naturel ou synthétique de 135 m x 150 m.
Les éliminations peuvent arriver à de diverses occasions : « 1- Destruction du guichet: suite à une mauvaise garde ou une offensive ratée du batteur, la balle casse le guichet. 2- Arrêt de volée: le batteur expédie une balle rattrapée au vol par un adversaire. 3- Élimination en course: le batteur regagne sa base après qu'un adversaire a détruit son guichet. 4- Élimination hors base: sorti imprudemment de sa zone, le batteur est éliminé par le gardien qui détruit son guichet. 5- Obstruction jambières: une balle qui aurait dû normalement casser le guichet a été détournée par la jambière du batteur. 6- Il existe d'autres éliminations plus rares telles que: la balle frappée deux fois, le batteur qui détruit sa propre base, l'arrêt de la balle par la main du batteur, etc... »
Voilà, j'imagine que grâce à cet article le cricket n'a plus de secret pour vous... "L'orthographe est le cricket des Français.Le cricket et l'orthographe ont en commun d'être incompréhensibles aux étrangers, sans parler des indigénes"(Alain Schifres) Jeudi 7 Août: les origines de BangalorePublié à 02:03, le 7/08/2008,
Mots clefs : Il était une fois, il y a bien longtemps, dans des contrées sauvages et lontaines, un roi du nom de Ballala. Cette tête couronnée, membre de la dynastie Hoysala s'adonnait à un des ses passe-temps favoris : la chasse...Cependant, ce jour-là il se perdit dans une forêt profonde. Ayant perdu ses compagnons de chasse et son chemin, il allait comme une âme en peine...en errant mort de faim dans les abysses sylvestres...Au milieu de cet océan de verdure, il rencontra par hasard une veille femme, qui eu pitié de lui et lui offrit la maigre nouttiture dont elle disposait...Une poignée de haricots qu'elle fit bouillir pour le rassasier.Le monarche fut touché par l'attention de cette femme et en souvenir de cet instant nomma la région entière "bele-benda-kalu-ooru" ...dans la langue locale(lKannada) cela veut dire" l'endroit des haricots bouillis".
La simplification du nom semble être apparu pour la première fois au 9e siècle sur une stèle où on pouvait lire le nom "Bengalooru" gravé dessus. Finalement depuis très peu de temps, la ville a été officiellement rebaptisée Bengaluru. Mercredi 6 Août: Danse...Publié à 03:04, le 6/08/2008,
Mots clefs : Aussi fou que cela puisse paraître,à Bangalore les gens n'ont pas le droit de bouger leur anatomie sur de la musique dans les bars et boîtes de la ville...et autres établissements qui au passage ne servent que de la limonade ! Cette loi a été promulguée en 1967 avant de tombée dans l'oubli et être finalement à nouveau au goût du jour...Une véritable aubaine qui permet au de fermer des établissements illégaux et pas très catholiques...La loi autorise l'arrestation des propriétaires des clubs et bars qui laissent danser leurs clients. Les pots de vin restent le seul moyen de contourner lq loi...et seuls les grands clubs peuvent se le permettre. Cette loi paraît complètement décalée quand on sait que Bangalore est connue en inde pour sa vie nocturne animée et ses bars branchés Heureusement, la population ne reste pas de marbre...et les jeunes se mobilisent. Il n'y a pas très longtemps ils ont organisé une « Flash mob »...c'est-à-dire une manifestation éclair où les gens s'immobilisent pendant quelques instants.
Pour l'occasion, les jeunes se sont rendus dans un lieu public très peuplé et très connu du centre ville...Portant des lunettes de soleil foncées, avec des MP3 dans les oreilles, ils dansent comme des fous pendant moins d'une minute puis ils se figent comme des statues pendant une trentaine de secondes...puis les jeunes repartent comme ils sont venus. Une manière assez originale et non violente pour montrer leur mécontentement... La méthode semble avoir porter ces fruits puisque de jour en jour le mouvement grossi et obtient une certaine couverture médiatique. Comme la danse est un sujet qui m'est cher, je lui consacre plus de citations que de coutume: "La danse est une cage où on apprend l'oiseau"(Claude Nougaro) "Danser, c'est comme parler en silence.C'est dire plein de choses sans dire un mot"(Y.Buenavantura) "Danser en temps de guerre, c'est comme cracher à la gueule du diable"(H.Aggoune) Mercredi 6 Août: Pour les férus d'archi...c'est à dire pas grand monde!Publié à 02:36, le 6/08/2008,
Mots clefs : L'architecture Hoysala a connu son essor sous l'Empire du même nom, dans la région qui est aujourd'hui l'état indien du Karnataka. Ce style d'architecture est donc né entre les 11ème et 14ème siècles. L'influence Hoysala était à son apogée au 13ème siècle, lors de la domination par l'empereur de toute la région du Plateau du Deccan Sud.
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Des temples de tailles très variables ont été construits à cette époque , les plus célèbres sont les temples de Belur et d'Halebidu(que nous partons voir ce WE) ainsi que celui de Somanathapur (où nous sommes allés le WE dernier). L'étude du style architectural Hoysala a révélé une légère influence Indo-aryenne mais un fort impact du style indien du Sud .Le temple servait à structurer l'activité de l'Empire Hoysala, principalement en organisant les festivités, les événements culturels et politiques de l'époque. Peu à peu, ce style architectural a été modifié par de nouvelles tendances religieuses. En même temps, les rois Hoysala étaient dominés par des chefs suprêmes appelés les « Chalukya occidentaux » et souhaitaient les surpasser dans l'accomplissement artistique. Les temples construits avant l'indépendance Hoysala au milieu du 12ème siècle reflètent l'influence des Chalukya, tandis que des temples postérieurs n'ont conservé que quelques caractéristiques de l'art Chalukyan, mais ont des ornements uniques, propres aux artisans Hoysala. A l'heure actuelle, il ne reste plus qu'une centaine de temples dans ce style dans l'état du Karnataka actuel. Lundi 4 et mardi 5 AoûtPublié à 04:54, le 5/08/2008,
Mots clefs : Ces derniers jours nous avons médité sur deux expressions à caractère indien !
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En premier lieu, « être en file indienne »...Synonyme de « à la queue leu leu », il semblerait que cette expression date du XIXème siècle. Quel est donc son origine ?...Elle viendrait de l'engouement qui existait au XIXème siècle pour les récits d'indiens (attention pas ceux d'Inde mais ceux d'Amérique du Nord)...on peut citer en exemple le dernier des Mohicans de Fennimore Cooper. Dans ces récits, les indiens étaient souvent décrits comme se déplaçant dans certaines circonstances, les uns derrière les autres...autrement dit en « file indienne ». La seconde expression auquel nous nous sommes intéressée est « prendre le chemin des indiens »...typiquement le petit sentier que personne n'emprunte...mais nous n'avons pas réussi à trouver l'origine de cette expression...Avis à ceux que ça intéresse !
La vie à la résidence a été égaillée par un individu qui a débarqué mardi matin au petit-déjeuner. Un blanc vêtu d'un marcel et d'un jean est sorti d'une des chambres du rez-de-chaussée pour se diriger vers la cuisine et tenter d'expliquer dans un anglais approximatif qu'il n'avait pas d'eau pour se doucher...pas de doute, l'accent français se repère à des kilomètres à la ronde quand on parle anglais ! Je suis donc partie dépannée ce pauvre Français qui n'avait pas encore intégré les subtilités du mécanisme de douche ! Après quoi, Guillaume a du partir travailler et je suis restée à parler avec le dénommé Romain qui avalait le petit-dej maison comme un affamé... Romain vient de l'Est de la France. Il a d'abord fait des études d'ingé à l'UTBM pour ensuite faire un master à HEC Paris. Lors de ses études, il avait effectué ses stages à Bankok et à Hong-Kong pour Dextra. A la sortie de son master, il espérait être embauché par cette boîte en Chine ou en Thaïlande...mais la société lui a proposé Bombay...et un poste de « General Manager » très intéressant...Il n'est pas très motivé pour partir en Inde mais ce genre d'occasion ne se présentant pas mille fois dans une existence, il a choisit de partir... Il est arrivé début Juillet et s'est installé à Bombay pour y rester près de deux ans. Il travaille pas mal et voyage beaucoup mais paradoxalement ne semble pas avoir vu grand chose de l'Inde...Un mec speedé, complètement décalé avec la vie indienne...habillé comme pour aller travailler à la City alors que la poussière imprègne le moindre bout de tissu une fois dans la rue...voyageant toujours en voiture avec chauffeur et par le même coup pas dégourdi pour un sous s'il devait partir en WE en bus ! Un type a qui on demande de naviguer en mer avec un permis fluvial en quelque sorte !Un peu déboussolé !
A part ça, Babu et Bala on réussit une performance inégalée jusqu'à présent...On leur donne du linge sale sans tâches...et on retrouve du linge propre et repassé avec de tâches ! J'ai donc décidé de sévir, ils n'auront plus le loisir de laver les vêtements clairs ...donc vers deux heures nous sommes sorties avec Anjali dans la rue, pour nous rendre à la pharmacie pour acheter des doses de lessives !!Logique, tout le monde sait que la lessive se vend dans les pharmacies (Ah bon ?!). De la même manière, il a fallu que je recharge mon portable...et pour ça on va chez le papetier ! On lui explique gentiment qu'on a besoin de quelques unités...Il gratte une carte magique avec un code...et votre téléphone après une manipulation douteuse, est à nouveau opérationnel. Pour finir, à mes heures perdues, je m'essaye à l'aquarelle...
"Le fou se croit sage, et le sage se reconnaît fou"(W.Shakespeare)
Dimanche 3 Août: Hoyssala attitud!Publié à 03:37, le 4/08/2008,
Mots clefs : La veille nous avons posé nos valises au Green Hostel. Cet hôtel est en partie aménagé dans un palais centenaire, jadis résidence champêtre des princesses Wodeyar. Cet hôtel a été aménagé de manière à respecter l'environnement (préoccupation ô combien rare dans ce pays !) et reverse ses bénéfices à des œuvres caritatives. Le palais n'a rien perdu de sa splendeur d'antan, et est entouré d'un jardin superbe. Un nouveau bâtiment a été construit dans le respect du type du palais, avec des chambres donnant sur le jardin. Les chambres du palais ont gardé leur cachet de jadis, et sont louées par thème. Nous avons eu la chance d'avoir la chambre des écrivains, une chambre au hauts plafonds meublée en bois (même le vieux ventilateur était en bois), puis une pièce intermédiaire servant de bureau d'écriture et une salle de bains. Vraiment très agréable !
Au matin, le petit déjeuner est servi dans une tonnelle du jardin...un véritable havre de pays dans la tourmente indienne habituelle.
Nous avons ensuite quitté l'hôtel chargés d'un panier de fruits comme cadeau de départ direction Somnathpur. Ce village se situe à 33 km à l'est de Mysore...On y accède par une vieille route qui alterne des portions goudronnées et des portions de terre...les ornières font souffrir les suspensions des voitures et il faut souvent slalomer entre les animaux. Nous avons traversé de vieux villages où les gens vivent dans des sortes de huttes construites avec des feuilles de palmiers tressées entre elles et des briques de boue séchée. Le village possède en général un téléphone pour tout les habitants...il trône dehors au sommet d'un piquet protégé des intempéries par un petit toit en bois. Dans les champs alentours, des familles entières s'affairent dans les rizières ou les champs de canne à sucre. Quelques hommes ramassent des noix de coco...pendant que femmes et enfants tiennent au bout de vielles ficelles quelques biquettes décharnées et quelques vaches efflanquées. Les pairs de bœufs sous les jougs en bois fané tracent perpétuellement les sillons réguliers des champs, tandis que dans le lointain les feuilles de palmier se balancent langoureusement.
Sur la route, nous avons croisé deux bus en panne dont les occupants ont dû descendre à pied pour continuer leur chemin...Moins chanceux, un autre bus a fini dans un arbre !L'avant était complètement défoncé, il ne restait que l'ossature du poste de pilotage, le conducteur a dû être secoué...
A l'issu d'un peu plus d'une heure de voyage nous sommes arrivés devant le temple de Keshava. Ce sanctuaire Hoyssala a été bâti en 1268. Il est construit en forme d'étoile, et est entièrement recouvert de sculptures de pierre représentant des scènes de la Bhagavad-gita, du Ramayana, et du Mahabharata ainsi que de la vie des rois Hoyssala.
Ce temple est d'une beauté époustouflante ...très bien conservé et bien mis en valeur. On ne se lasse pas de contempler les mille et uns détails des sculptures où se suivent éléphants, vaches, chevaux, divinités(ci-dessus Ganesh), scènes de batailles, scènes de la vie paysanne...
Le silence du lieu lui confère un caractère encore plus violent...Et dans ces nuances grises données par les plis des sculptures dans la pierre, on ne peut que se perdre en contemplation quand des nuées de femmes en saris colorés vient enchanter le lieu comme un nuage de papillons.
Ce temple est sans conteste le plus beau que nous ayons vu depuis notre arrivée en Inde.
Nous sommes repartis ravis par la même route que à l'aller. Chemin faisant, nous nous sommes arrêtés près d'une charrette où des paysans finissaient de cueillir des noix de coco...Notre chauffeur nous ayant vanté la différence entre les noix de la campagne et celle de la ville qui arrive après plusieurs jours de voyage en ville. Les paysans étaient ravis que des blancs s'arrêtent pour manger le fruit de leur travail. Un des gars est monté prestement sur le sommet du tas de noix de coco pour nous choisir les plus grosses. Ensuite à grand coups de machette, il a décapé le haut de la noix pour percer un petit trou afin que nous puissions en boire le jus...Les noix étaient tellement pleines que nous avons dû boire plus d'un demi-litre de jus...Ils ont enfin partager les noix vide en deux de manière à ce que nous puissions manger la chair...Un vrai régal ! Le chauffeur a pris quatre noix pour sa famille et nous avons repris la route.
Nous avons bifurqué pour rejoindre la route menant de Mysore à Bangalore et nous sommes rentrés sur Bangalore. "Les temples érigés en l'honneur de la religion le sont, en vérité, en l'honneur de l'architecture."(Ludwig Feuerbach)
Samedi 3 Août: Mysore nous en a fait voir de toutes les couleurs!Publié à 02:21, le 3/08/2008,
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Il est un peu moins de 8h du matin quand Mani notre taxi passe nous chercher...direction Mysore. Nous sommes déjà allés à Mysore mais nous n'avons pas eu le temps de voir tout ce que nous voulions voir... Nous arrivons presque 3h plus tard à Mysore.
Mani nous dépose en premier lieu devant la surprenante cathédrale Ste Philoméne...dans un style néogothique, cette cathédrale est une des plus vastes du pays...elle a quelques vitraux qui valent le coup d'œil...mais rien de bien exceptionnel. A l'intérieur, les indiens viennent déposer de nombreuses offrandes au pied des statues...Ils embrassent le pied de la croix...les gerbes de fleurs ornent les quatre coins de la cathédrale. Les indiens ont des autels chrétiens qui ressemblent à ceux des communautés gitanes et manouches dans notre pays. Les messes sont dites en quatre langues : Kannada, Tamul, Hindi et Anglais...Le curé commence à 5h du matin le dimanche et enchaîne les offices chaque 45min jusqu'à 10h non stop ! Après cela nous sommes partis au Devaraja Market. Ce marché a été construit à l'époque du sultan Tipu...
Un vrai plaisir pour les sens...des fleurs en quantité déclinées en guirlandes, en couronnes , en bouquets ou en vrac...des pyramides d'oranges...des régimes de bananes...des déluges d'oignons...des jackfruits...des poulets, du mouton noirs de mouches...du miel entouré d'un nuage bourdonnant...des monticules coniques de kumkum(poudre colorée pour dessiner le bindi des femmes mariées et servant à d'autres rituels religieux) véritables joyaux d'esthétisme...des vendeurs d'encens qui saturent l'air avec leurs vapeurs...des joailliers...des tissus en soie brodés de dorures...des épices qui charment la narine...des instruments de musique en bois qui piapiatent dans le brouhaha ambiant...
Un désordre indescriptible et pourtant si envoûtant...si magique ! Nous avons négocié quelques bijoux ...dans une discussion de longue haleine...qui a commencé en hindi vu que j'ai appris quelques mots...ce qui nous permet de ne pas trop nous faire enfler quand nous négocions. Dans le marché, des nuées d'adolescents nous assaillent...en parlant dés fois même en Français nous donnant à l'un et à l'autre « du beau gosse » et « belle femme » pour nous attendrir... Nous avons quittés ce lieu enchanté en direction du palais de Lalitha Mahal. C'est un autre palais de la ville, beaucoup moins grand que le palais du Maharaja, mais qui a un certain charme et du cachet. Cette vaste demeure a été reconvertie en hôtel de luxe pour les étrangers...mais par chance on peut encore pénétrer dedans pour se plonger dans ces longs couloirs aux mille arcades...ces voilages qui se gonflent aux fenêtres avec la brise...et les terrasses désertes ombragées par de hauts palmiers. De vielles calèches tirées par des haridelles sommeillent dans les jardins du palais.
Devant l'hôtel, nous nous sommes retrouvés en plein milieu d'un tournage de film Bollywoodien...une comédie musicale à l'eau de rose...On a beaucoup rigolé du playback du héros et de la mine ennuyée de l'actrice à ses côtés...Plus drôle encore, l'armée de figurants indiens peints en noir avec des pagnes rouges, portant des lances surmontées de cœurs rouges...
Nous sommes ensuite revenus dans le centre de la ville pour manger un solide repas accompagné de délicieux naans...et d'une pluie de poivre !
Nous avons passés l'après-midi au parc zoologique de Mysore...qui vaut vraiment le détour par la diversité d'animaux rassemblés en ce lieu...et son étendue impressionnante au cœur d'une ville comme celle-là.
Les singes et les écureuils envahissent les pelouses et leur envie d'explorer les sacs des badauds est irrésistible...Certains singes sont très dégourdis, ils attendent que les vendeuses des buvettes aient le dos tourné pour aller prestement attraper une bouteille consignée dans un cageot...ils s'enfuient avec leur magot dans un arbre et boivent le fond de la bouteille avant de la jeter !
En fin de journée, nous avons été aux jardins de Brindavan...ce sont des jardins ornementaux, aménagés en contrebas d'un barrage de la rivière Cauvery (pour ce qui suivent le blog régulièrement, c'est la rivière qui passe aussi à Coorg et qui alimente la vallée). Ces jardins servent régulièrement de décors pour de nombreuses comédies musicales et autres films Bollywoodiens...L'eau de la rivière rejaillit dans les becs de la cinquantaine de fontaines qui agrémentent les jardins. Le week-end, les habitants de Mysore se rendent souvent en ce lieu à fin d'après midi...pour mieux apprécier les jardins illuminés la nuit. Une pure merveille...un petit Versailles ;-) Nous avons eu la chance d'assister au spectacle qui a lieu chaque samedi et dimanche à partir de 19h...les fontaines s'illuminent partout dans les jardins...et sur une esplanade une fontaine plus grande que les autres s'anime de jets d'eau colorés sur un fond sonore coordonnée...Vraiment sympa.
Il était 20h quand nous avons délaissé ce festival aquatique de sons et lumières pour rejoindre notre hôtel. "Les climats, les saisons, les sons, les couleurs, l'obscurité, la lumière, les éléments, les aliments, le bruit, le silence, le mouvement, le repos, tout agit sur notre machine, et sur notre âme." (JJ.Rousseau) Jeudi 31 juillet et vendredi 1er Août: on s'eclipse...Publié à 04:31, le 1/08/2008,
Mots clefs : Jeudi et vendredi matins, le temple s'est animé à 5h du matin...On a eu droit au concert privé...mais maintenant en mettant la tête sous l'oreiller, on arrive à se rendormir... Nous avons eu enfin l'explication de toute cette agitation...L'explication va vous paraître tout droit sorti de « Tintin et le temple du soleil » ! En effet, ce vendredi, il y a eu une éclipse de soleil partielle entre 16h et 18h...du coup, la population se protège contre les esprits... Plus bizarre encore...ils s'interdisent de manger après 13h jusqu'au lendemain matin...sous prétexte que la nourriture est irradiée par les rayons nocifs du soleil. Certains ne boivent pas et ne se rendent pas aux toilettes ! De manière générale, la ville s'arrête...les jours d'éclipse, les enfants ne vont pas l'école...On ne laissent pas sortir les femmes enceintes de peur que les bébés soient irradiés !
Ce soir, nous avons eu toutes les peines du monde à convaincre Babu et Bala de nous faire manger...On a usé de toutes les astuces possibles pour pouvoir manger...
J'ai enfin réussi à envoyer mon courrier en France...après avoir dégotter des enveloppes non imprimées (plus dur que l'on ne croit)...m'être renseignée sur les timbres à mettre sur l'enveloppe...où les obtenir... C'est finalement, le père de notre propriétaire qui habite à côté de la poste centrale qui nous a acheté les timbres adaptés...mais malheureusement pas le bon nombre ! Ensuite, il a fallu trouver une boîte aux lettres...je suis partie en exploration avec Anjali cet après-midi pour poster les lettres...ces dernières ont fini dans une espèce de boîte en fer fermée peinte en rouge avec des lettres blanches tremblantes indiquant en sanscrit et en anglais « letters » par un vieux cadenas rouillé...dès fois je me demande si ça ne relève pas du miracle si les lettres arrivent à bon port !
Pardonnez-moi si cet article est court mais comme nous partons en WE tôt demain matin, je ne peux pas trop m'étendre...Mais ce n'est que parti remise, je vous promets plein de belles photos pour le récit de ce WE. "Un soleil n'éclipse pas pas un soleil.Un soleil n'st jamais éclipsé que par des lunes"(V.Hugo)
Mercredi 30 JuilletPublié à 01:58, le 31/07/2008,
Mots clefs : Aujourd'hui, le réveil a été particulièrement dur...à 5h du matin, dans le temple situé dans les ruelles derrière la maison...des voies d'hommes se sont élevées dans un grondement allant crescendo...à mi-chemin entre le chant et la prière...dans une langue inconnue. Impossible de dormir avec ce bruit...On est servi entre les jours où la mosquée décide de nous réveiller et les matins où les hindouistes prennent le relais ! Quand les voies graves se sont tues, c'est une cassette avec une voie de féminine suraiguë s'époumonant sur des chants sacrés qui a continué à nous tenir éveiller jusqu'au petit déjeuner... Notre journée a démarré sur des considérations environnementales...Je ne pense pas que les indiens soient vraiment familier avec le respect de l'environnement...au vue du nombre de déchets, papiers, sacs plastiques qui jonchent les trottoirs, les parcs (rappelons-le Bangalore est la ville des jardins !)...Ne parlons pas de la pollution des cours d'eau qui rend l'eau impropre à la consommation. Encore plus choquant le comportement des gens dans les bureaux...quand ils quittent une pièce ou même le soir en partant...personne n'éteint les lumières, ni la clim...Je me rappelle petite, la « guerre des boutons » que nos parents menaient pour nous faire comprendre que l'électricité n'était pas un fluide gratuit et qu'ils n'avaient pas des puits de pétrole ! Ici, la notion n'est pas vraiment acquise. Dans les toilettes, les gens s'essuient les mains avec du papier, mais même si le papier tombe à côté de la poubelle personne ne se baisse pour le ramasser...Motif : c'est le travail de la femme de ménage ! Beaucoup de gens pensent de cette manière, chacun a une place, un job...pas besoin de voler le travail de quelqu'un d'autre et surtout pas besoin de dire merci quand quelqu'un fait son travail ! Les premières fois on a l'impression que ce sont des gens impolis... La situation type : Un manager avec un téléphone greffé à l'oreille qui vous passe devant alors que vous êtes en train de sortir de la pièce sans même vous dire merci parce que vous vous effacez et lui ouvrez la porte...Vous l'aurez compris :Vous l'aurez compris :c'est pas son job ! Malgré tout, l'environnement arrive à survivre par une espèce de chaîne bizarroïde : les gens mangent dans des échoppes dans des feuilles de journaux ou des feuilles de bananiers...une fois le repas achevé, ces feuilles finissent sur les fossés, les bords de rues...et sont rapidement dévorées par les rats, les chiens et les vaches...Directement du producteur au consommateur ! Autant dire qu'ici, il ne vaut mieux pas se retrouver à un verre de trop dans le nez à dormir dans un fossé...le lendemain, on ne retrouverait que vos os entièrement blanchis !
De manière générale, les problèmes environnementaux sont des préoccupations de pays riches mais ce sont les pays pauvres qui souffrent de ces maux. La journée s'est écoulée au rythme des pluies... Le soir Guillaume est rentré plus tard que d'accoutumée...cette fois-ci, sur le chemin du retour, le chauffeur du van n'arrivait plus à passer les vitesses ! Après avoir garer le véhicule sur le bas-côté, le chauffeur et un autre type qui s'est improvisé mécano pour l'occasion ont réparé la boîte à vitesses avec une certaine brutalité ...qui s'est avérée payante...puisque la fine équipe est repartie dans le van toussant et crachotant des fumerolles noires. En arrivant à Bangalore, Guillaume a demandé au rickshaw de s'arrêter près des marchandes ambulantes de fleurs pour en ramener à la maison. Les étales sont féeriques...rien avoir avec l'ordre parfait des bouquets de nos fleuristes au pas un brin ne dépasse. Sur les étales, les fleurs sont couchées pêle-mêle avec toutes leurs feuilles et leur épines...bref au naturel...avec les perles de pluie de la mousson. Ailleurs dans des échoppes, les fleurs sont triées et exposées dans des paniers... A longueur de journées, les marchands tressent des guirlandes de fleurs qui serviront à orner des autels, des portes de maisons et aussi les chevelures des indiennes.
Les couleurs de l'Inde sont dans ses fleurs, ses épices et ses habitants. Le soir, les fidèles du temple voisin nous ont gratifié d'un concert de tambours dont l'apothéose a été un éclatant feu d'artifices... Pour finir, j'aimerais vous parler d'un homme amoureux de l'Inde dénommé Simon qui a publié un carnet de voyage qui s'appelle le Corps de l'Inde...qui retranscrit au travers de centaines de dessins à l'encre les ambiances,les scènes de vie...de l'Inde.Un livre qui a mon avis vaut le détour.
"Comme tout ce qui compte dans la vie, un beau voyage est un oeuvre d'art" (A.Suarès)
"Voyager, c'est demander d'un coup à la distance ce que le temps ne pourrait nous donner peu à peu"(P.Morand)
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